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Emmanuel Macron a été élu dimanche président de la République en battant largement la candidate d’extrême droite Marine Le Pen lors d’un second tour marqué par une forte abstention, mais de nombreux défis attendent cet homme jeune à l’ascension fulgurante, à commencer par l’obtention d’une majorité à l’assemblée.

Le candidat d’En Marche!, dont les partisans sont rassemblés face à la pyramide du Louvre, va devenir le huitième président de la Ve République en obtenant entre 65 et 66,1% des voix face à Marine Le Pen (33,9% à 35%), selon les premières estimations disponibles dimanche soir.

Le second tour a été marqué par la plus forte abstention depuis 1969, qui devrait selon les sondeurs dépasser les 25%. Contrairement à 2002 où la présence du Front national avait mobilisé, la participation recule nettement par rapport au 1er tour (22,23%).

A 39 ans, Emmanuel Macron accomplit un des plus retentissants exploits de l’histoire politique française. Jamais élu auparavant, comme Charles de Gaulle; plus jeune des 25 présidents de la République juste devant le premier d’entre eux, Louis Napoléon-Bonaparte (40 ans en 1848); élu dès sa première tentative à l’Elysée, comme François Hollande, Nicolas Sarkozy ou encore le centriste Valéry Giscard d’Estaing à qui il est parfois comparé.

Mais malgré le renfort du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan et un début d’entre-deux tours poussif de M. Macron, la présidente du parti d’extrême droite a lourdement buté sur la dernière marche, avec une prestation lors du duel télévisé qui a déçu jusque dans ses propres rangs.

Le mandat de François Hollande expire officiellement dimanche prochain et la passation aura lieu durant le week-end.

M. Macron devrait auparavant être présent aux côtés de M. Hollande dès lundi sous l’Arc de Triomphe pour les commémorations du 8 mai 1945; ainsi qu’à la Journée nationale des mémoires de l’esclavage mercredi dans les jardins du Luxembourg à Paris, juste après le dernier Conseil des ministres du quinquennat Hollande.

Une immense tâche attend Emmanuel Macron, qui doit annoncer le choix de son Premier ministre et la composition de son gouvernement avant de solliciter une majorité à l’occasion des législatives des 11 et 18 juin.

“Je n’aurai pas d’état de grâce, je ne pourrai pas présider comme on préside depuis 1958”, a-t-il lui-même prévenu vendredi.

Le nouveau président a également indiqué avoir arrêté son choix pour Matignon. Celui ou celle-ci devra avoir “la compétence et la capacité de diriger un gouvernement et une majorité”, donc a priori une certaine expérience parlementaire.

Au sein d’En Marche!, “toutes les investitures” pour les législatives doivent intervenir cette semaine, avec force place laissée au “renouvellement”. Les partisans de M. Macron tablent sur la “cohérence” des électeurs pour fournir au nouveau président une majorité absolue. Plusieurs figures à droite (Christian Estrosi) ou à gauche (Manuel Valls) ont d’ores et déjà signalé leur disponibilité.

Principal parti de l’Assemblée sortante mais balayé de la présidentielle avec les 6% récoltés par Benoît Hamon, le PS est en grand danger, pris en tenaille entre MM. Macron et Mélenchon.

Absente du second tour pour la première fois depuis 1958 après l’élimination de François Fillon, la droite tentera d’imposer à M. Macron une cohabitation, avec François Baroin comme meneur de campagne. Le Front national, qui n’a que deux élus sortants dans l’Assemblée, vise a minima l’obtention d’un groupe parlementaire.